Fichier presse : constituez votre liste de journalistes, RGPD compris

Pigeon classant des fiches dans un tiroir de classeur
Sommaire5 sections
  1. 01Ce qu’est un fichier presse et pourquoi le constituer soi-même
  2. 02Où trouver les contacts : signatures, ours et sites officiels
  3. 03Les colonnes d’un fichier utile
  4. 04Le cadre du RGPD : intérêt légitime, information, désinscription
  5. 05Tenir le fichier à jour : contrôles, relances et bilan

Ce qu’est un fichier presse et pourquoi le constituer soi-même

Le fichier presse rassemble les coordonnées des journalistes, blogueurs et responsables de rubriques susceptibles de reprendre vos annonces. Chaque ligne va plus loin qu’une adresse : elle indique le média, la rubrique, le sujet suivi, la zone couverte et l’historique des échanges avec la personne.

Des bases de contacts presse se louent, mais une TPE ou une association gagne à bâtir la sienne. Une base achetée est vite obsolète, car les journalistes changent de rédaction ou de rubrique régulièrement, et elle contient des personnes qui n’ont jamais entendu parler de vous. Un fichier maison, de 30 à 100 contacts bien choisis, produit plus de réponses qu’une liste de milliers de noms au ciblage vague.

Le fichier alimente la diffusion décrite dans le guide sur la façon de diffuser un communiqué de presse. Plus il est précis, plus l’envoi est pertinent, plus la personne qui reçoit votre message y prête attention.

Où trouver les contacts : signatures, ours et sites officiels

La meilleure source est la signature des articles publiés sur votre sujet. Cherchez dans un moteur de recherche les derniers papiers sur votre secteur, votre ville ou votre produit, et relevez les auteurs. Un journaliste qui a écrit trois articles sur la rénovation énergétique dans votre département est un contact bien plus utile que le rédacteur en chef du titre.

L’ours, c’est-à-dire l’encadré de mentions qui figure dans un journal papier ou sur la page « Mentions légales » ou « L’équipe » d’un site d’information, donne les noms, les fonctions et parfois le contact de la rédaction. Les adresses de rédaction générales, du type « redaction@ », servent en dernier recours : votre message y arrive chez un inconnu qui le transmet ou le supprime.

Consultez aussi les profils professionnels des journalistes, où beaucoup indiquent leurs sujets et une façon de les joindre, et les pages « Nous contacter » des radios, télévisions et sites spécialisés. Pour un premier fichier, comptez une demi-journée de recherche pour trente contacts qualifiés.

Les colonnes d’un fichier utile

Un tableur suffit. Les colonnes qui servent le plus sont les suivantes.

  1. Nom et prénom, orthographiés comme dans la signature.
  2. Média, type de média (presse quotidienne régionale, magazine, radio, site) et zone couverte.
  3. Rubrique et sujets suivis, en quelques mots-clés.
  4. Adresse e-mail professionnelle et, si le journaliste l’a rendu public, un numéro direct.
  5. Source de la donnée et date de collecte, pour pouvoir justifier l’origine.
  6. Historique : communiqués envoyés, réponses, articles obtenus, souhaits exprimés (« pas de PDF », « préfère le matin »).

Ajoutez une colonne de statut : actif, à relancer, désinscrit. Elle évite qu’un journaliste qui a demandé à ne plus recevoir vos messages en reçoive un par erreur.

Commencez petit. Dix journalistes de la presse régionale de votre zone, cinq de la presse spécialisée de votre secteur et cinq blogueurs ou animateurs de podcasts qui traitent votre thème forment déjà un premier noyau. Envoyez-leur votre prochain communiqué, notez qui répond, puis élargissez. Un an plus tard, votre fichier reflète les personnes qui ont réellement lu vos messages, et non des noms recopiés sans lien avec vous.

Pensez enfin à la sauvegarde et à l’accès, deux points que l’on oublie tant que rien ne s’est produit. Le fichier reste sur un support protégé par mot de passe, partagé seulement avec les personnes de l’équipe qui envoient les communiqués. Une fuite de liste de contacts nuit autant à votre image qu’aux journalistes concernés.

Le cadre du RGPD : intérêt légitime, information, désinscription

Un fichier presse contient des données personnelles, même si elles sont professionnelles : il est soumis au règlement général sur la protection des données. Selon la CNIL, la prospection par e-mail à des professionnels peut reposer sur l’intérêt légitime de l’organisation, à condition que le message ait un rapport avec la fonction de la personne et qu’elle puisse s’y opposer simplement. Vérifiez la position actuelle de l’autorité sur son site, car la doctrine évolue et votre situation peut avoir des particularités.

Concrètement, tenez compte de quatre points. Ne collectez que les données utiles à l’envoi et gardez la trace de leur origine. Informez le journaliste, dans le premier message, de l’usage de ses coordonnées, avec un lien vers votre politique de confidentialité. Prévoyez dans chaque envoi un moyen de se désinscrire, par exemple une phrase finale invitant à répondre « stop », et appliquez les demandes sans délai. Supprimez les fiches qui n’ont donné lieu à aucun échange depuis plusieurs années, par exemple trois ans, durée de conservation à justifier dans votre registre.

Les pages consacrées aux professionnels sur cnil.fr présentent les obligations de tenue d’un registre des traitements et les droits des personnes. Ce texte est une information générale, non un conseil juridique adapté à votre cas.

Tenir le fichier à jour : contrôles, relances et bilan

Un fichier presse vieillit vite : les journalistes changent de poste, les rédactions se réorganisent, les adresses disparaissent. Prévoyez une révision tous les six mois : vérifiez que chaque contact écrit toujours dans le média indiqué, retirez les adresses qui rebondissent, ajoutez les nouvelles signatures repérées dans vos lectures. Après chaque envoi, notez les réponses et les articles obtenus, y compris les refus polis : ils renseignent sur les sujets qui intéressent chaque journaliste.

Le fichier sert aussi à entretenir la relation entre les annonces, comme l’explique le guide sur les relations presse : une invitation, un chiffre utile envoyé sans demande, une réponse rapide quand un journaliste vous sollicite. Pour un événement, il fournit la liste des invités de votre conférence de presse.

Quand votre liste est prête et à jour, vous pouvez compléter l’envoi direct par une publication en ligne : le service de publication d’Actupresse met votre communiqué sur une page datée, après relecture, ce qui touche des lecteurs que votre fichier ne couvre pas. Pour les démarches liées à votre statut d’entreprise, consultez entreprendre.service-public.fr.

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